Les revenus des généralistes et des cliniciens en baisse…
La tendance est nette : selon
le bilan fiscal des AGA, les revenus des médecins libéraux ont été plus bénéfiques
aux spécialités techniques qu’aux disciplines cliniques : les généralistes
affichent une baisse de leur résultat imposable (-0,9 %) sous le double effet
d’un blocage tarifaire et d’une activité en recul ; des arguments pour les
syndicats qui réclament des revalorisations prioritaires pour les cliniciens.
Médecins généralistes : - 700
euros en moyenne !
Après la forte hausse des revenus
en 2002 et 2003, puis d’une
baisse en 2004, les médecins avaient connu trois années de progression
modérée de leur bénéfice imposable de 2005 à 2007, sous l’effet de revalorisations tarifaires et d’une activité
soutenue. Dorénavant, la tendance s’inverse puisqu’il n’y a plus ni effet prix
ni effet volume pour tirer les revenus à la hausse.
Médecins spécialistes :
fortunes diverses
L’exercice 2008 a plutôt souri
aux spécialités techniques, moins aux spécialités cliniques.
En 2007, neuf des vingt cinq spécialités
ont subi une baisse de revenus, contre quatre en 2008 : trois disciplines
cliniques (-0,4 % pour les psychiatres, -2,3 % pour les rhumatologues et -2,7 %
pour pédiatres) et une spécialité technique (-2,5 % pour les chirurgiens
urologues).
D’une manière générale, les «
techniciens » connaissent un meilleur essor : notamment grâce à la
nouvelle classification commune des actes médicaux (CCAM). Le creusement de
revenus entre les spécialités techniques et cliniques s’explique en partie par
l’entrée en application de la deuxième étape de la CCAM technique au1er janvier
2008.
Pour certains, le vieillissement
de la population entraîne également une plus forte activité chez certains
professionnels comme les néphrologues. La hausse des charges sociales
(personnel, impôts, loyers…) a amputé le bénéfice. La plupart des spécialités
perdantes ou stagnantes ont vu les charges sociales prendre une part croissante
dans leur déclaration fiscale.
Malgré cet exercice 2008 peu favorable, il faut reconnaître
que d’autres professions libérales se trouvent dans une situation bien
plus alarmante : « depuis le début de la crise, le secteur santé
qui bénéficie d’un financement socialisé souffre quand même moins que le monde
juridique ou les architectes ».